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La minute du Professeur Frèrejacques : la procrastination, ou « on verra ça demain ».

Bonjour à vous, amis curieux.
Aujourd’hui, la minute du Professeur Frèrejacques vous explique pourquoi vous repoussez sans arrêt une tâche, toujours la même.
Vous êtes un procrastinateur.

Mais de quoi parlez-vous, Professeur Frèrejacques ?

Le procrastinateur remet toujours ce qu’il a à faire à plus tard.
Pas TOUT ce qu’il a à faire, juste une chose en particulier.
Regardez autour de vous, dans  votre bureau. Avez-vous un mail en attente de réponse depuis des temps immémoriaux ? Un  dossier en attente de traitement auquel vous évitez soigneusement de penser ? Un classement urgent qui n’en finit plus de ne pas être classé, sous le regard désapprobateur de votre entourage ??
Vous êtes un procrastinateur.

Mais attention !! Procrastinateur, oui, feignant non. Ni même de mauvaise volonté.
Car ne nous méprenons pas, le procrastinateur est un perfectionniste. Il est consciencieux. Quand il fait les choses, il les fait bien. Sinon, il préfère ne pas les faire.
Alors oui, par une logique implacable mais tordue, mieux vaut ne rien faire que de faire les choses à moitié. Ca ne se discute pas.

Et franchement, qui n’a jamais remis à plus tard une tâche pénible, frustrante, stressante, ou même simplement ennuyeuse ?
Halte donc à la stigmatisation de la procrastination.
Procrastinateurs de tous les pays, unissez-vous. Enfin… demain.

Merci qui ? Merci Professeur Frèrejacques.

L’open space, le desk sharing, et plus si affinités.

Oyez, oyez.

Braves gens, aujourd’hui, nous nous intéressons aux raffinements de l’agencement des espaces de bureau.
Le saviez-vous ? En France, une part toujours plus importante de salariés travaille en open space.

Pour les heureux élus qui ne le pratiquent pas, confortablement installés dans leurs bureaux, sachez que l’open space est l’équivalent en entreprise de la cour de récréation de notre enfance.
Tout le monde est disponible et la circulation se fait sans entraves. Mais le bruit est insupportable, les instits veillent au grain, et à la fin, il y a toujours quelqu’un qui pleure.

Mais il y a mieux.
Le comble du raffinement pour agencer l’espace ? Le desk sharing, bien sûr – en bon français : le partage de bureaux.

Le desk sharing, c’est quoi ? C’est le principe des chaises musicales appliqué à l’entreprise.
Le but : réduire et optimiser les surfaces de bureaux, en évitant d’avoir tous les salariés sur place, et de fait en incitant au télétravail.
Démonstration:
Appliqué à un service: prenez une équipe de 4 commerciaux – beaucoup de déplacements, peu de temps de présence au bureau. Comment optimiser l’espace? En leur mettant 3 postes de travail pour 4 personnes, tout simplement.
Et si les 4 sont là en même temps ? Le premier arrivé a une place pour s’installer- et le dernier, hé bien… se débrouille.
Appliqué à toute l’entreprise: vous devez réserver votre place sur le plateau – avec un nombre maximum de journées à passer sur place par semaine, et vos dossiers vous attendent dans votre casier à l’entrée.
Dans les deux cas, la photo des petits et la plante verte sur le bureau, vous oubliez. Plus impersonnel, tu meurs.

Est-ce au moins efficace ? La question reste en suspens pour le moment.

Bilan : entre la cour de récréation et le jeu des chaises musicales… Heureusement, nous sommes tous de grands enfants.

La stratégie de l’océan bleu : changer de point de vue pour mieux repartir.

Marché, positionnement, cible…  Nous naviguons à longueur d’année parmi ces notions. Mais avez-vous vraiment pris le temps d’y réfléchir ?
Aujourd’hui : post sur la stratégie d’entreprise. Vous verrez, ça ne fait pas mal.

Avez-vous entendu parler de La Stratégie de l’océan bleu, par W.Chan KIM et Renée Mauborgne ?
Sans doute que oui. Si toutefois vous aviez manqué ce chapitre, voilà pourquoi cette théorie mérite votre attention.

Je vous l’accorde, ce n’est pas pour la finesse de l’image.
En abrégé : la plupart des entreprises se livrent à une concurrence féroce sur leur marché – compétition sur les prix, etc… C’est saignant, nous sommes dans une logique de combat et de survie sur un marché donné, c’est l’océan rouge.
D’où l’intérêt de quitter l’océan rouge pour partir sur un nouvel espace de marché, vierge de toute concurrence : c’est l’océan bleu.
Océan rouge – océan bleu : merci pour la belle image. C’est parlant, c’est pragmatique. On n’est pas là pour faire de la poésie.

Pourquoi c’est intéressant ?
Parce que ça va au-delà de la traditionnelle théorie de l’avantage concurrentiel –  de Porter, pour ceux que ça intéresse.  Ca dépasse aussi le simple « innover pour se différencier ».
La théorie de l’océan bleu, c’est décaler son angle de vue,  abandonner une partie de ce qu’on fait pour aller défricher dans ce qu’on ne fait pas, détruire un peu pour mieux avancer.

C’est le point fondamental de cette idée : ouvrir les écoutilles pour trouver non pas comment faire mieux ce qu’on fait déjà, mais comment faire autrement pour créer un nouvel espace.
Je m’explique :
Un des exemples emblématiques d’une stratégie océan bleu gagnante : la console Wii de Nintendo.
Nintendo a été détrôné sur le segment de marché de la console de jeu puissante, hyper-technique et très chère par ses concurrents, Playstation Sony et autres X-box Microsoft.
La cible de ce marché très saturé : le gamer masculin, 15-35 ans.
Qu’a fait Nintendo ?
Ne pouvant pas investir pour rivaliser sur cette cible, la firme a décalé son point de vue. Qui ne joue pas à la console ? Comment faire jouer les gens qui ne jouent pas ?
Réponse : on abandonne la haute technologie, la puissance, les manettes traditionnelles et on travaille sur d’autres aspects – convivialité, partage,  facilité de jeu.
Et hop, on crée un objet qui fait naître une nouvelle pratique du jeu vidéo. La Wii, objet non identifié sur le marché des consoles de jeu, a ouvert à Nintendo un  gigantesque océan bleu, vierge de toute concurrence.

En bref : ne vous limitez pas. Ne vous limitez pas, ni dans votre marché, ni dans votre clientèle, ni dans ce que sait faire votre entreprise.
Et à vous le Grand bleu.

Le Syndrome du Dimanche Soir.

Gao XINGJIAN "Angoisse" 2003.

Flash-back.
Vous avez dix ans.
Vous êtes dans la classe de CM1 de Mme Fildroit, institutrice de son état, dont les traits sont figés sous une épaisse couche de maquillage et qui aurait, dit-on, souri une fois en 1974 à la mort de Pompidou.
Vous êtes un élève moyen, qui ne se distingue pas parmi ses camarades mais qui ne démérite pas non plus suffisamment pour encourir les foudres de ladite Mme Fildroit.
Pourtant, tous les dimanche soir que Dieu fait, sous le regard impuissant, agacé, puis de nouveau impuissant de vos parents, vous êtes en proie à une angoisse indicible. Une angoisse qui étreint votre petit cœur, qui vous coupe le souffle, qui emplit votre personne entièrement.
L’Angoisse du Dimanche Soir. Une petite rentrée des classes hebdomadaire.

Fondu au noir.
Vous êtes adulte.
Responsable. Vous avez un métier, un conjoint, peut-être même des enfants, une vie bien remplie, des amis, des projets qui vous occupent le week-end.
Le dimanche soir, de retour chez vous, les petits enfin au lit, vous profitez de ce moment de calme avant le début de la semaine,  confortablement calé sur le canapé devant un dvd.
Vous faites comme si de rien n’était.
Pourtant elle est là, larvée. Elle se forme doucement au niveau de l’estomac, puis elle monte.
Elle est de retour.
Elle ne vous a jamais quitté.

L’Angoisse du Dimanche Soir.

La communication de crise, gérer le cauchemar :

Chers amis insouciants, nous abordons aujourd’hui un sujet qui ne vous préoccupe peut-être pas, mais qui pend comme une épée de Damoclès au-dessus de chacun d’entre nous.

Comment gérer l’effondrement de l’image de votre entreprise ?
Introducing : le communicant de crise, drame en trois actes.

Acte I. Le ciel vous tombe sur la tête.
Imaginez. Vous êtes là, comme frappé par la foudre. Vos collaborateurs vous regardent d’un air hagard. Il a fallu que ce soit sur votre boite que ça tombe.
Ca ?
Rappels de produits, problèmes sociaux, soupçons de malversation, pollution accidentelle, problèmes sanitaires, accueil désastreux du public…
Faites votre choix.
Un problème en interne, ça peut être grave, mais vous savez gérez.  Sauf que là, ça fait la première page.  L’entreprise est citée, les clients appellent, s’affolent. Ca devient une crise.

Acte II. Que faire ?
Deux solutions :
Appliquer la politique de l’autruche – simple à mettre en œuvre mais d’une efficacité plutôt limitée.
Ou : lancer une communication de crise.
Ce qui ne s’improvise pas. Donc, en amont, on se prépare. On commence par faire un état des risques lié à son activité, par exemple.
Ensuite, quand la crise est là, on réagit vite et on communique. Sauf à choisir l’option de l’autruche, mieux vaut être à la source de l’information que de laisser se dire tout et n’importe quoi.
Surtout, on se met en ordre de bataille et on suit les règles d’or de la communication de crise :
Cibler sa communication. La priorité, c’est le client. Ensuite les autres cibles, selon les cas : les collaborateurs, les institutions, les fournisseurs, un réseau de distribution …
Rassembler les troupes pour parler d’une seule voix.
Jouer la trans-pa-rence. Si l’entreprise est responsable, inutile de chercher à le camoufler, ce sera encore pire. Sinon, tant mieux, ce sera plus facile.

Quoi qu’il en soit, on ne reste pas amorphe, on respire un bon coup, et on y va.

Acte III. Epilogue.
Le problème finit par se régler. La tension retombe et l’attention se détourne. Si la réaction de l’entreprise et sa communication ont été à la hauteur, on garde l’image d’une société responsable qui a fait face à une difficulté.
Ne reste plus qu’à tirer la morale de l’histoire.
« Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. »

Le rideau se baisse. Fin du drame.

La minute du Professeur Frèrejacques : le sens caché du travail.

Bonjour à vous, amis curieux.
Aujourd’hui, la minute du Professeur Frèrejacques vous aide à décrypter le sens caché derrière l’apparente banalité de l’occupation principale de vos jours : le travail.
Mais de quoi parlez-vous, Professeur Frèrejacques ?

Le travail, chers amis, est un nom commun qui dérive du latin tripalium.
Or, détail amusant, tripalium désigne un  instrument de torture.  Voilà une étymologie fort évocatrice s’il en est.
Sous cet éclairage, d’autres expressions en viennent à prendre un certain relief à leur tour: « bourreau de travail », par exemple. Ou le fait qu’on parle aussi de travail pour un accouchement.

Vous pensiez chercher – ou avoir trouvé –  l’épanouissement dans le travail ?
Vous voilà ouvertement désignés comme les plus invétérés masochistes d’entre nous.
Sur  cette note positive, je vous laisse retourner à vos tâches.
Merci qui ? Merci Professeur Frèrejacques.

Gestion de projet, épisode 2 : vaincre la résistance au changement.

Episode 2 du post sur la gestion de projet en entreprise : nous avons le projet, nous avons la méthode. Les ennuis commencent.
Parmi les menaces qui guettent le chargé de projet, il en est une particulièrement sournoise et puissante : le facteur psychologique. « Peur du changement ». Ces simples mots devraient vous faire descendre des frissons le long de l’épine dorsale.

Je m’explique.
Vous voilà, auréolé de votre mission certifié qualité contrôlée, arborant comme des étendards vos objectifs et votre rétro-planning flambant neufs.
Face à vous, les Forces du Mal. Mme Patachon, qui du haut de ses 15 ans d’ancienneté dans le service vous voit arriver d’un œil torve, avec votre projet qui va bouleverser ses habitudes.

Focus. Il est toujours intéressant de le rappeler – vos collaborateurs sont des personnes. Ils ont besoin de sentir qu’ils évoluent dans un système de repères communs et familiers.
Or, votre projet, en faisant bouger les lignes, va brouiller ce système établi. Et donc potentiellement déstabiliser les collaborateurs en question.
La menace : susciter une armée de Mme Patachon réfractaires, qui avec le poids de l’inertie peuvent anéantir le succès de votre mission, ou simplement vous plonger en  enfer.

Comment l’éviter ? En extirpant le mal à la racine.
–          Expliquer, communiquer, rassurer.
–          Prendre en compte le vécu de terrain des équipes.
–        Les associer à l’élaboration du projet et être prêt à modifier (vraiment !) le projet initial pour prendre en compte les observations des utilisateurs.
–         Leur permettre de reprendre à leur compte le contenu du projet.

Pour arriver à vos fins, il vous faudra une dose infinie de patience, de pédagogie –  et de résistance au stress. Il peut aussi être indiqué de se munir d’amis ou d’un conjoint dotés d’une grande capacité d’écoute et d’éminentes qualités de punching-ball.
Car le moment viendra où vous aurez envie d’envoyer balader les méthodes, la pédagogie, et de passer en force. C’est ce qui s’appelle la phase de la « tentation du bazooka ».

Mon conseil : céder à la tentation ne résout jamais les choses en profondeur.
Mais ça soulage.
Amen.

PS : pour ceux que la problématique du changement intéresse, une petite fable,Qui a piqué mon fromage ?, de John Spencer. Très connue, toute simple, certains diront simpliste, mais qui a l’avantage d’amener le sujet.


Le Petit précis de guérilla d’entreprise, c’est quoi?

C'est la vie en entreprise, ses anecdotes, ses crises, ses chausse-trapes. Avec une pincée de fond pour lier le tout.

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