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Les Chroniques d’un Eté au Bureau.

C’est l’été.

L’été divise l’Humanité en deux camps bien distincts : ceux qui partent hors des vacances scolaires et ceux qui ont des enfants.
Pendant que cette dernière catégorie se presse sur la route des vacances, les premiers, eux, vivent une période hors du temps : l’été au bureau.

L’été au bureau, c’est l’arrivée des stagiaires vacances qui refleurissent chaque année dès la fin du joli mois de juin à l’accueil de MyCorp.
C’est le début des torticolis des techniciens informatique et maintenance qui ont soudainement fort à faire au niveau du standard. Le tout sous l’œil agacé et faussement compatissant de la gent féminine permanente du bureau, qui ne tardera pas à vouer la stagiaire aux gémonies dans une unanimité qui fera plaisir à voir tant elle est rare le reste de l’année.

L’été au bureau, c’est une période de calme où le téléphone se tait miraculeusement pendant presque un mois entier, comme si lui aussi avait besoin de se reposer un peu après toute une année de service.
C’est le moment où on se dit qu’on va pouvoir profiter de son temps pour faire du classement, du rangement, tout ce qu’on n’a jamais le temps de faire d’habitude.
Mais ce qu’on ne fera encore pas cette année, parce que l’été au bureau, les collègues sont en vacances et qu’il faut bien assurer leur poste en plus du nôtre, alors on n’a le temps de rien.
Surtout que la stagiaire, hein, elle ne se foule pas celle-là. Quand il s’agit de discuter et de faire la belle, là, il y a du monde, mais sinon…

Et voilà. Une belle unanimité. Je vous l’avais bien dit…

La minute du Professeur Frèrejacques : le sens caché du travail.

Bonjour à vous, amis curieux.
Aujourd’hui, la minute du Professeur Frèrejacques vous aide à décrypter le sens caché derrière l’apparente banalité de l’occupation principale de vos jours : le travail.
Mais de quoi parlez-vous, Professeur Frèrejacques ?

Le travail, chers amis, est un nom commun qui dérive du latin tripalium.
Or, détail amusant, tripalium désigne un  instrument de torture.  Voilà une étymologie fort évocatrice s’il en est.
Sous cet éclairage, d’autres expressions en viennent à prendre un certain relief à leur tour: « bourreau de travail », par exemple. Ou le fait qu’on parle aussi de travail pour un accouchement.

Vous pensiez chercher – ou avoir trouvé –  l’épanouissement dans le travail ?
Vous voilà ouvertement désignés comme les plus invétérés masochistes d’entre nous.
Sur  cette note positive, je vous laisse retourner à vos tâches.
Merci qui ? Merci Professeur Frèrejacques.

Gestion de projet, épisode 2 : vaincre la résistance au changement.

Episode 2 du post sur la gestion de projet en entreprise : nous avons le projet, nous avons la méthode. Les ennuis commencent.
Parmi les menaces qui guettent le chargé de projet, il en est une particulièrement sournoise et puissante : le facteur psychologique. « Peur du changement ». Ces simples mots devraient vous faire descendre des frissons le long de l’épine dorsale.

Je m’explique.
Vous voilà, auréolé de votre mission certifié qualité contrôlée, arborant comme des étendards vos objectifs et votre rétro-planning flambant neufs.
Face à vous, les Forces du Mal. Mme Patachon, qui du haut de ses 15 ans d’ancienneté dans le service vous voit arriver d’un œil torve, avec votre projet qui va bouleverser ses habitudes.

Focus. Il est toujours intéressant de le rappeler – vos collaborateurs sont des personnes. Ils ont besoin de sentir qu’ils évoluent dans un système de repères communs et familiers.
Or, votre projet, en faisant bouger les lignes, va brouiller ce système établi. Et donc potentiellement déstabiliser les collaborateurs en question.
La menace : susciter une armée de Mme Patachon réfractaires, qui avec le poids de l’inertie peuvent anéantir le succès de votre mission, ou simplement vous plonger en  enfer.

Comment l’éviter ? En extirpant le mal à la racine.
–          Expliquer, communiquer, rassurer.
–          Prendre en compte le vécu de terrain des équipes.
–        Les associer à l’élaboration du projet et être prêt à modifier (vraiment !) le projet initial pour prendre en compte les observations des utilisateurs.
–         Leur permettre de reprendre à leur compte le contenu du projet.

Pour arriver à vos fins, il vous faudra une dose infinie de patience, de pédagogie –  et de résistance au stress. Il peut aussi être indiqué de se munir d’amis ou d’un conjoint dotés d’une grande capacité d’écoute et d’éminentes qualités de punching-ball.
Car le moment viendra où vous aurez envie d’envoyer balader les méthodes, la pédagogie, et de passer en force. C’est ce qui s’appelle la phase de la « tentation du bazooka ».

Mon conseil : céder à la tentation ne résout jamais les choses en profondeur.
Mais ça soulage.
Amen.

PS : pour ceux que la problématique du changement intéresse, une petite fable,Qui a piqué mon fromage ?, de John Spencer. Très connue, toute simple, certains diront simpliste, mais qui a l’avantage d’amener le sujet.

Gestion de projet, épisode 1 : les étapes.

Attention.

Aujourd’hui le Petit précis de guérilla passe aux gros mots.
Les vrais, les affreux, ceux de trois syllabes et plus : management de transition, conduite de projet, déploiement de solution informatique, réorganisation structurelle, optimisation, process … Bouh.

Episode 1 du post sur la gestion de projet en entreprise : commençons par le commencement.

Or donc, mes bien chers frères, au commencement était le projet.
Une mission unique, limitée dans le temps, répondant à un besoin précis – et dans la mesure du possible, basée sur une idée innovante, ou en tout cas pertinente.

Une fois le projet défini vient le temps de s’interroger sur la méthode. Déroulons.
Les étapes incontournables de la gestion de projet :

1. Fixer des objectifs et des résultats quantifiables.
« Vous verrez, ça va marcher beaucoup mieux » n’est pas forcément un point de départ pertinent, même si c’est l’idée.
« Dans 6 mois, nous serons en mesure de gagner 20 points de productivité sur le poste truc », c’est déjà mieux.

2. Préparer un rétro-planning en béton armé : des étapes détaillées, des délais réalistes. « Réaliste » signifie toujours plus long que ce que vous pensez.

3. Mesurer  l’avancement du projet. Ce qui implique d’appliquer des actions correctrices si on s’éloigne du rétroplanning prévu (celui en béton armé, vous me suivez ?)

4. Préparer le passage de témoin : conclure et assurer la continuité avec les équipes.

Ça vous a plu ? C’était la partie facile.

Ensuite, il y a la dimension de terrain.
C’est là que les forces du mal se déchainent et que le sacerdoce du chargé de projet commence.

To be continued…

Star Trek et la pendule du bureau.

L’avez-vous déjà remarqué ?
Le temps ne s’écoule jamais de façon linéaire. Particulièrement au bureau.

A l’approche des vacances, le temps ralentit, les minutes s’allongent et deviennent des heures, les jours des semaines entières.
Par contre, bizarrement, la deadline de dépôt du dossier trucmuche, elle, se rapproche à vitesse grand V.
– « Comment ça on est déjà le 24 ? Mais c’est pas possible, c’est pas possible, hier j’avais encore trois semaines. Aaaaargh. »

Il existe une explication rationnelle à ce terrible phénomène.

Nous sommes tous des professionnels qui travaillons de manière sérieuse, efficace et surtout régulière.
Notre perception du temps est complètement objective – des horloges suisses.
Ça ne peut donc pas venir de nous.

Non, la vérité, c’est que nous sommes victimes de distorsions de l’espace-temps. Nous avons à faire à des phénomènes quantiques mystérieux et retors.
Le continuum spatio-temporel a des ratés vicieux: une succession de trous noirs spécifiquement destinés à nous torturer.

Einstein l’avait vu. Le capitaine Kirk aussi.
CQFD.

Travailler en famille, petites douleurs et grands débats.

Vous l’ai-je dit ?

Petit détail qui a son importance: je travaille en famille.
Je travaille en famille avec  – entre autres bonheurs  – la Reine Mère.

Au sein du Royaume Merveilleux de Family Corp,  j’hérite donc de plein droit du titre envié d’Infante.

Et c’est un rôle ingrat, Infante.

C’est culpabilisant, car on a des passe-droits et des avantages  -réels ou supposés-  que n’ont pas  les autres sujets du Royaume.  Ambiance.
C’est dévalorisant, car au départ il pèse toujours sur vous un soupçon d’illégitimité.
C’est frustrant aussi, parce que les sentiments familiaux parasitent les relations professionnelles. Ils vous empêchent de dire les choses à la Reine Mère aussi simplement et directement qu’on les dirait à Mme Lambda, Prévôt du Royaume.
Pourquoi, me direz-vous ?
Vous êtes adultes. Comportez-vous  en adultes.
Certes, c’est vrai.
N’empêche, pour autant que je sache, Mme Lambda n’a jamais changé mes couches.

Les entretiens annuels, round 2: les évaluateurs.

Le petit théâtre des entretiens annuels, round 2.
Quel type de manager fait passer quel type d’entretien ?

Qui saura le mieux vous évaluer?

Narcisse.
Ce type de manager a un besoin pathologique d’amour. Il fuit le conflit et cherche l’approbation et l’affection des ses collaborateurs.
Il travaille son entretien, prépare les remarques à formuler et les objectifs à remplir et … se dégonfle au dernier moment.
Face à la personne qui vous regarde dans les yeux, c’est tout de suite plus difficile de s’exprimer.
Pourrait-on éventuellement envoyer les remarques à formuler par mail ? Non ? Vous êtes sûrs ? Bon, bon…

Cruella d’Enfer.
Cruella d’Enfer est complètement instable. Elle est capable de la plus grande empathie comme de la plus grande virulence, quel que soit le sujet.
Elle vous a aidé le jour ou vous avez complètement planté le contrat De Mesmaeker, et trois semaines plus tard vous a passé une titanesque engueulade en public pour une futilité.
L’entretien annuel devient la plus belle partie de roulette russe de votre vie.
L’assistant devant vous vient de ressortir en pleurant.

Managerus Paternalicus.
Managerus Paternalicus ne sait pas ce qu’il fait là. Les entretiens, c’est un truc qu’on lui impose de faire. Lui, son équipe, il les connait tous, conjoints et enfants compris, jusqu’au petit dernier qu’il appelle par son prénom en plaisantant déjà sur le jour où il rejoindra Family Corp.
S’il y a quelque chose à se dire, c’est au pied du bureau/ de la machine que ça se passe. Formaliser? Accorder du temps à chacun? Pour quoi faire?

No Drama.
No Drama est un manager dynamique et efficace. Pas le genre à tourner autour du pot. Si No Drama a quelque chose à vous dire, ce sera dit. Vous en conviendrez ou pas, mais le problème sera abordé et réglé en entretien, et on n’en parlera plus.
Il est fortement conseillé de placer un No Drama avec un Narcisse en entretien, pour plus d’efficacité.

La Tisseuse.
La tisseuse tisse ses fils dans tout son service.
Elle a un besoin éperdu de reconnaissance et d’importance.
Elle centralise toute l’information et la majorité des tâches du service. Incapable de déléguer, elle infantilise ses collaborateurs, et ne leur confie que des tâches subalternes.
Elle est aussi incapable d’évaluer objectivement son équipe.
Mieux vaut éviter de confier un entretien annuel d’évaluation à la tisseuse. Par ailleurs complètement stressée et débordée, elle ne trouverait pas le temps de le mener.


Le Petit précis de guérilla d’entreprise, c’est quoi?

C'est la vie en entreprise, ses anecdotes, ses crises, ses chausse-trapes. Avec une pincée de fond pour lier le tout.

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